13.10.2017, 00:01  

Les négociations sur le Brexit sont dans l’impasse

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Michel Barnier (à droite), négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit, et David Davis, son homologue britannique, ont achevé leur cinquième cycle de négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

 13.10.2017, 00:01   Les négociations sur le Brexit sont dans l’impasse

UNION EUROPÉENNE - Elles achoppent sur la facture que devra payer le Royaume-Uni à sa sortie de l’Union, programmée à fin mars 2019.

Bulletin: insuffisant. Dénonçant «l’impasse préoccupante» dans laquelle se trouvent les négociations sur la facture du Brexit que Londres devra payer en quittant l’UE, Bruxelles a renoncé, hier, à recommander aux Vingt-Sept de faire le geste que le Royaume-Uni attend avec impatience: donner leur feu vert à l’ouverture de pourparlers sur l’avenir des relations commerciales entre les futurs ex-partenaires européens,...

Bulletin: insuffisant. Dénonçant «l’impasse préoccupante» dans laquelle se trouvent les négociations sur la facture du Brexit que Londres devra payer en quittant l’UE, Bruxelles a renoncé, hier, à recommander aux Vingt-Sept de faire le geste que le Royaume-Uni attend avec impatience: donner leur feu vert à l’ouverture de pourparlers sur l’avenir des relations commerciales entre les futurs ex-partenaires européens, sans attendre que soient résolus les problèmes liés à leur divorce.

La Commission européenne et les Britanniques ont achevé hier leur cinquième cycle de négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union, programmée le 29 mars 2019 à minuit, sur un constat d’échec.

«Nous n’avons pas fait de grand pas en avant», a déclaré le négociateur en chef de l’UE, le Français Michel Barnier. Dans ces conditions, a-t-il ajouté, «je ne suis pas en mesure de proposer au Conseil européen (l’enceinte qui réunit les chefs d’Etat ou de gouvernement de l’UE) d’ouvrir des discussions sur la future relation» que Londres et l’Union veulent nouer, après qu’ils se seront séparés.

Optimisme prudent

Les Britanniques espéraient que les leaders des Vingt-Sept prennent cette décision dès leur prochain sommet, les 19 et 20 octobre. Elle sera, au mieux, reportée à la mi-décembre.

Michel Barnier s’est montré prudemment optimiste: «Je reste persuadé qu’avec de la volonté politique, des avancées décisives sont à notre portée dans les deux mois qui viennent.» Ce ne sera pas facile, car ni Londres, ni Bruxelles, dont les objectifs stratégiques divergent, ne semblent prêts à lâcher du lest. Les deux parties, d’ailleurs, se préparent en coulisse au scénario du pire: un échec éventuel de leurs pourparlers.

Michel Barnier a rappelé que des «progrès suffisants» devront impérativement être constatés dans trois dossiers – jugés indissociables à Bruxelles – avant que l’Union accepte de lancer la deuxième phase des négociations, sur l’après Brexit. Ils concernent la protection des droits des citoyens européens vivant au Royaume-Uni (sous le contrôle de la Cour de justice de l’UE), la préservation de la paix sur l’île d’Irlande (comment éviter l’érection d’une nouvelle frontière «dure» entre le nord et le sud?) et, surtout, le «règlement financier» du Brexit.

Aucun des trois casse-tête n’a jusqu’à présent été résolu, même si, selon le chef négociateur britannique, David Davis, des «progrès significatifs» ont été engrangés sur la libre circulation des personnes et la question irlandaise.

Epineuse question

Michel Barnier est beaucoup moins formel. Mais surtout, il s’inquiète de «l’impasse, préoccupante pour des milliers de porteurs de projets et pour les contribuables» européens, dans laquelle végètent depuis juin les discussions sur la facture du Brexit.

Elle est évaluée par les Européens entre 60 et 100 milliards d’euros, un montant qui correspond aux engagements financiers, parfois à long terme, que les Britanniques ont pris dans le cadre de leur appartenance à l’UE.

Pour David Davis, cette épineuse question devra être réglée «plus tard», une fois que seront tracés les contours de son «nouveau partenariat» avec l’UE.


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