13.06.2017, 01:08

Si on rendait gratuits les transports?

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Finis les automates à billets? Laurent Debrot, député des Verts, imagine des transports gratuits dans tout le canton de Neuchâtel. Il estime  qu’il est possible de financer ce projet en limitant les déductions fiscales pour déplacements professionnels.

 13.06.2017, 01:08 Si on rendait gratuits les transports?

MOBILITÉ L’écologiste Laurent Debrot lance l’idée et dit comment la financer.

Les transports publics gratuits dans tout le canton de Neuchâtel: le député Laurent Debrot espère concrétiser l’idée, lancée à la tribune du Grand Conseil il y a deux semaines. «On peut le financer entièrement avec la réduction des déductions fiscales», assure le représentant des Verts. A son avis, cette idée s’inscrit dans la vision du Conseil d’Etat, «un...

Les transports publics gratuits dans tout le canton de Neuchâtel: le député Laurent Debrot espère concrétiser l’idée, lancée à la tribune du Grand Conseil il y a deux semaines. «On peut le financer entièrement avec la réduction des déductions fiscales», assure le représentant des Verts. A son avis, cette idée s’inscrit dans la vision du Conseil d’Etat, «un canton, un espace».

L’aspect écologique n’est pas absent de la réflexion de Laurent Debrot. Mais pas seulement. «Nous payons un lourd tribut à la Santé, aux accidents, à la pollution, à l’emprise des autos dans les villes. Nous pourrions aussi imaginer qu’on change de paradigme.»

Laurent Debrot veut plafonner le montant des déductions fiscales à 3000 francs par année, à savoir la même somme que pour l’impôt fédéral direct. Ce sont 20 millions de francs qui tomberaient ainsi dans les caisses du canton et des communes. «L’autre aspect, évidemment, que je trouve assez séduisant, c’est la simplification. Nous n’avons plus de billetteries, plus d’automates, plus de contrôles.Les transports publics feraient des économies», dit Laurent Debrot. Côté recettes, il imagine taxer les aires de stationnement qui génèrent beaucoup de trafic, à l’image de celles des centres commerciaux.

«Le canton et les communes paient aujourd’hui 63% des transports publics. La billetterie c’est un peu plus d’un tiers. Nous avons fait les deux tiers du travail. Le dernier tiers est assez déterminant. C’est le plus visible, le plus coûteux en termes d’administration, d’infrastructures. C’est le dernier tiers qui fera basculer le tout», explique le député.

La Confédération utilise l’argent dégagé par le plafonnement des déductions fiscales pour financer l’aménagement des infrastructures ferroviaire. Pour Laurent Debrot, il est donc logique d’attribuer également ces 20 millions de recettes supplémentaires aux transports publics. L’idée de plafonner les déductions fiscales ferait d’ailleurs son chemin dans le canton. «Le Conseil d’Etat garde ça dans sa manche. Ce sera peut-être une course de vitesse pour savoir qui va profiter du pactole. Lui veut financer d’autres mesures fiscales. Il y aura un petit conflit.»

L’idée devra franchir plusieurs obstacles avant de devenir réalité. «Pour l’instant, je suis en train de regarder avec les partis politiques et les associations. Il y a deux solutions. La première est de simplement déposer une motion qui pourrait passer avec une majorité simple au Grand Conseil», répond Laurent Debrot.

Le rapport Conseil d’Etat, pour autant qu’il soit positif, nécessiterait une majorité qualifiée. «L’alternative est de faire une initiative populaire», relève le député. Le débat est à l’ordre du jour du prochain comité cantonal des Verts.

Dans tous les cas, la population devrait pouvoir se prononcer. «C’est une mesure assez simple à expliquer. Chacun fera son calcul et estimera ce qu’il perd en matière d’impôts. Il n’y a pas que ça à observer. Quand tu dois payer les transports pour tes enfants, il faut en tenir compte dans les plus et les moins», dit Laurent Debrot. «Beaucoup de personnes m’ont interpellé pour dire que c’était une super idée. Elles sont assez séduites par le projet.»

Un des principaux prétextes pour prendre sa voiture tient à l’offre des transports publics. «C’est un des arguments qui peut s’opposer. La trop grande réussite de la demande aussi. A Châteauroux, en France, où ils ont introduit la gratuité, la fréquentation a doublé. Certaines offres ne posent pas de problèmes, le bus est à moitié à plein, d’autres, aux heures de pointe, il a fallu les augmenter. C’est tout bénéfice pour tout le monde», argumente le Vert.

Les travailleurs de nuit ne pourraient pas bénéficier des transports gratuits. Pas plus que les pendulaires travaillant hors du canton. «Le travail de nuit? Peut-être l’employeur devra compenser si c’est nécessaire. Les gens hors du canton? C’est un des arguments de Laurent Kurth. Il ne veut pas décourager les gens de travailler à l’extérieur. Nous pourrions autoriser les déductions.»


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