20.06.2017, 00:01  

«Je veux garder le Vallon comme il est»

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Richard Wilson dans son jardin à Travers, au loin, on peut distinguer le Chasseron.

PORTRAIT - Ex-président du comité référendaire éolien et désormais chef de file des défenseurs de la poste de Travers, le très impliqué Richard Wilson refuse toute étiquette politique. Portrait.

Après les éoliennes, la poste. Déjà à la tête du comité référendaire contre le dézonage d’une parcelle de la Montagne de Buttes – où un parc éolien est projeté –, Richard Wilson est aujourd’hui le fer de lance du groupe citoyen de défense de l’office postal de Travers. Portrait d’un Vallonnier d’adoption très impliqué.

Pour se présenter, le Traversin commence...

Après les éoliennes, la poste. Déjà à la tête du comité référendaire contre le dézonage d’une parcelle de la Montagne de Buttes – où un parc éolien est projeté –, Richard Wilson est aujourd’hui le fer de lance du groupe citoyen de défense de l’office postal de Travers. Portrait d’un Vallonnier d’adoption très impliqué.

Pour se présenter, le Traversin commence par donner sa nationalité. Anglais de naissance, il est également Suisse depuis sept ans. «Je suis né en 1941 au nord de l’Angleterre, où mon père était ingénieur de mines», explique-t-il. «J’ai passé ma jeunesse près de Grenade, dans le sud de l’Espagne, où mon père a dirigé une mine dès la fin de la guerre. Du coup, j’avais beaucoup d’amis, puisque tout le monde dépendait de mon père», s’amuse aujourd’hui le retraité.

Professeur d’anglais

Le jeune homme d’alors découvre le Val-de-Travers à 11 ans, lorsque son père Arthur prend la direction des mines d’asphalte de la Presta. Scolarisé en internat en Angleterre, il continue son cursus à l’Université de Neuchâtel, où il décroche une licence en anglais, linguistique et philosophie. Il y rencontre sa femme Ingrid, originaire de Lübeck, en Allemagne. «C’était durant une soirée fondue à Chaumont, ça a bien collé entre nous», rigole-t-il.

«Je n’ai pas eu beaucoup d’imagination pour la suite, je donnais déjà des leçons d’anglais lorsque j’étais étudiant et j’ai continué», commente l’ancien professeur, qui a travaillé autant pour l’Université que pour l’Ecole de commerce ou pour des privés. Il continue d’ailleurs à donner des leçons depuis la maison que le couple a construite il y a trente ans sur les hauts de Travers.

Une maison d’où il voit les crêtes du Vallon, jusqu’au Chasseron. Un espace qu’il chérit. «Je suis très, très attaché au Val-de-Travers. C’est un très bel espace que je veux garder comme il est», explique-t-il. D’où ses deux combats, contre les projets éoliens et la fermeture de l’office de poste.

«Je ne veux ni d’éoliennes partout, ni d’un village mort sans poste, sans boulangerie, etc. Lorsque je vais en vacances dans le Var, je passe par beaucoup de villages sans commerce, ou même sans restaurant. C’est immensément triste», dit Richard Wilson.

«Ce n’est pas un combat de conservateur»

«Ce n’est pas un combat de conservateur, mais plutôt un combat pour que le Val-de-Travers puisse vivre. Je pense que l’on fait une erreur si l’on veut drainer les gens dans les villes.»

S’il s’implique beaucoup dans ses combats, le Traversin ne se voit pourtant pas en politique. «Pour moi, les partis politiques sont souvent trop éloignés des considérations du coin où l’on habite», juge-t-il, tout en notant «avoir vécu dans une sorte de vide politique» avant d’arriver en Suisse. «Peut-être que ça a aussi un rôle.»

Et l’Anglo-Suisse de voir quelques différences dans les deux groupes pour lesquels il s’est mobilisé. «Ce ne sont pas les mêmes personnes. Les éoliennes, c’est davantage un combat d’idéologie. La poste, c’est plus une réaction de villageois. Si pour les éoliennes, nous avons été très mal vus par certains, nous avons eu que des félicitations pour la poste.»

«Optimiste de nature», le Traversin a l’espoir d’un moratoire au niveau suisse quant à la fermeture des postes. Concernant les éoliennes, «pour moi, elles ne peuvent pas durer dans notre pays sans vent, et partiront aussi vite qu’elles sont venues».

Que l’on soit d’accord ou non avec lui, Richard Wilson continuera ses combats. S’il n’en trouve pas encore un nouveau prochainement. Qui sait?

Bio express

Richard Wilson Né en 1941 (76 ans) au nord de l’Angleterre. A grandi en Espagne, puis entre le Val-de-Travers et des pensionnats anglais.

état civil Marié à Ingrid, père de deux enfants, Thomas et Andrew.

formation Licencié de l’Université de Neuchâtel en anglais, linguistique et philosophie. Titulaire d’un certificat d’aptitude pédagogique.

Profession Retraité. Ancien professeur d’anglais à l’Université de Neuchâtel et aux lycées Denis-de-Rougemont et Jean-Piaget. Donne encore régulièrement des cours privés chez lui, à Travers.


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